La mort m’attend

Première mars 2010.

Pièce de Roger Payrot
Mis en scène par François Noell
Scénographie de Eric Travé
Direction musicale de Claude Villières
Costumes de Claire Catala
Interprétée par Hélène Sanmarti, Georges Bonel, Rosy et Patrick Barthe, Julie Lorenz, Marie Ferrer, Marie-Claude Gauthier, André Salvador, Stéphanie Bonel, Manon Gautier

Jacques Brel chantait « la Mort m’attend » plusieurs années avant le rendez-vous. Il brodait sur le thème, du « Moribond » à « Fernand » en passant par « Le dernier Repas ». Il chantait aussi le malheur de vieillir, de voir se dégrader les corps, les sensations, les sentiments, de perdre la capacité enfantine d’indignation, de colère, de refus. S’il craignait la Faucheuse de Bruegel, de Murnau, de Bergman, il regrettait à la fois qu’elle arrivât jamais et qu’elle arrivât trop tard, à la fin de ce Grand Combat où Le cerceau tombe qui a tant roulé.
Nous ne pouvions pas, pauvres méditerranéens que nous sommes, rendre compte de la belgitude flamboyante de Brel. Nous ne saurions pas davantage le chanter, aussi bien est-il hasardeux de prétendre remplacer la singularité de sa voix trop vivante dans l’oreille de ses admirateurs et d’ailleurs disponible dans le commerce.
Nous avons donc tenté (modestie ou prétention ?) de redonner de l’étrangeté aux paroles du poète en télescopant ses textes, tantôt simple rapprochement de thèmes voisins, tantôt esquisses de situations théâtrales dialoguées par les mots de Brel. Et la mort traverse la scène comme ces jolies femmes qu’on aimerait connaître mieux traversent la rue. Dans l’espoir qu’on les suive du regard.

Roger Payrot fut professeur, mais aussi comédien, metteur en scène et dramaturge. Avec André Valls et Antoine Sarda, il crée, en 1983 un festival axé sur le théâtre et l’opéra. Le festival disparut à l’occasion d’un changement de municipalité mais ressuscita sous le nom de Jours du théâtre en 2008. En savoir plus…